Les grandeurs classiques s'ajoutent et se multiplient comme les grandeurs d'une
algèbre commutative. L'ordre dans lequel s'écrivent les éléments d'un
produit est sans importance. Au contraire, les opérateurs que la mécanique quantique donne
pour images de ces grandeurs physiques, ne commutent pas en général. Il est
donc essentiel de connaître la valeur de ces commutateurs. Une méthode,
découverte par Dirac en 1927, et qui sera utilisée ci-après, s'inspire
toutefois de la mécanique classique pour fixer la valeur des commutateurs
quantiques, entre des grandeurs déjà considérées par la physique classique.
Il y a lieu de rappeler qu'au cours des chapitres précédents, la
quantification est toujours apparue liée à l'existence d'une constante de
Planck non nulle, et qu'au contraire, si cette constante était nulle, on
retrouverait en général les conclusions de la physique classique, pour laquelle,
en particulier, tous les commutateurs seraient nuls. Par suite, on prévoit que
le commutateur de deux observables
et
doit être une quantité
(éventuellement un opérateur) fonction de
, soit
, qui tend
vers zéro avec
.
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Nous examinerons ensuite comment la non-commutabilité de deux observables
explique leur incompatibilité. D'une façon précise, dans un état
quelconque, les dispersions des valeurs prises autour de leurs valeurs moyennes
par deux observables quelconques
et
sont mesurées par leurs
écarts-types
et
, et nous démontrerons les
inégalités, dites de Heisenberg :
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et, en particulier :
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Nous essaierons ensuite de trouver la raison d'être de
ces commutateurs. Pour cela nous examinerons d'abord comment sont
transformés les vecteurs états
et les observables
d'un système, quand celui-ci est soumis à des transformations,
telles que des translations et des rotations. Nous découvriront
que les opérateurs qui engendrent ces transformations sont
précisément les principales observables, et que leurs
relations de commutation sont des conséquences des
propriétés géométriques de ces transformations. Ainsi,
l'algèbre quantique trouvera un lien avec la géométrie dans
l'espace-temps.