Le crochet de Poisson est une notion purement algébrique, et donc plus
fondamentale que le crochet de Poisson classique, défini par référence à un ensemble de
coordonnées, et il existe des observables spécifiquement quantiques (tel le
spin) sans analogue classique.
Nous remarquons que deux variables
et
avec
commutent toujours, et que, par suite, toute fonction des
et des
commute toujours avec toute fonction des
et
si
. Or, les
indices
et
repèrent des degrés de liberté. On peut donc dire
que des variables dynamiques ou des observables relatives à des degrés de
liberté différents, commutent toujours entre elles.
Il y a lieu de remarquer que la notion
d'E.C.O.C. peut être considérée comme une transposition
quantique de la notion classique de degré de liberté. En
effet, le nombre des degrés de liberté d'un système classique est
égal au nombre minimum de paramètres indépendants
nécessaires pour définir sans ambiguïté l'état de
ce système. Les valeurs de ces paramètres sont celles d'un ensemble
de grandeurs physiques (par exemple
)
indépendantes et en fonction desquelles au contraire s'expriment
toutes les autres, et par exemple :
![]() |
D'une manière générale, le nombre d'observables nécessaires pour
constituer un E.C.O.C. est égal un nombre minimum d'observables
indépendantes nécessaires pour que leurs vecteurs propres communs
définissent sans ambiguïté des états physiques bien définis. Le nombre
de ces observables nécessaires dépend du degré de dégénérescence de
leurs valeurs propres et donc dépend du choix de ces observables. Puisque pour
chaque degré de liberté,
et
ne commutent pas, il en résulte
qu'en général ce nombre d'observables nécessaires est au moins égal à
la moitié du nombre classique de degrés de liberté.
Si les commutateurs ne sont pas nuls en général, c'est parce
qu'ils sont fonctions de la constante fondamentale
qui n'est pas nulle.
Cette constante a toutefois une valeur très faible (faible signifiant ici par
rapport aux grandeurs de même nature, à notre échelle) ainsi que l'atteste
sa valeur numérique exprimée dans l'unité Joule
seconde,
adaptée aux phénomènes à notre échelle :
![]() |
Faire comme si
c'est faire comme si tous les commutateurs étaient
nuls et c'est alors dans une certaine mesure retrouver la mécanique classique.
Ainsi, selon Dirac, la mécanique classique peut être considérée comme le
cas limite de la mécanique quantique quand
tend vers zéro. On retrouve ici une
situation analogue à celle de la théorie de la relativité. Considérer la
constante
(vitesse des particules de masse nulle) comme infinie alors que sa
valeur est seulement très grande :
![]() |
c'est faire l'approximation classiqueIII3.
Ainsi, la mécanique classique est une approximation à la fois non quantique
(
) et non relativiste (
).