Dans ce qui précède, l'espace complet des états est obtenu par produit tensoriel d'espaces associés à des parties du système complet. Inversement, un espace d'états peut parfois être factorisé en sous-espaces, dont chacun est associé à une partie des degrés de liberté du système.
Considérons, par exemple, l'espace
des états d'une particule
de spin nul. Dans la représentation de Schrödinger, une base de cet espace est
constituée des vecteurs propres :
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et
est engendré par combinaison linéaire de ces
vecteurs de base.
On peut encore définir le sous-espace mathématique
engendré par
les vecteurs propres de
, considéré comme un E.C.O.C. à lui tout seul,
et de même les sous-espaces
et
et on remarque :
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Quand on considère une particule placée dans un espace à une dimension, c'est précisément dans l'un de ces sous-espaces que l'on suppose se placer.
On remarquera qu'ici encore, bien entendu, un vecteur ket de
n'est
pas en général factorisable, ce qui est manifeste dans la représentation
de Schrödinger :
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Dans une telle décomposition en facteurs, aucun des sous-espaces facteurs n'est associé à une partie du système complet. Chacun de ces sous-espaces est associé à l'une des observables d'un E.C.O.C., c'est-à-dire à l'un des degrés de liberté du système. A chaque E.C.O.C. choisi correspond une décomposition possible et, par suite, chacun des sous-espaces facteurs a seulement une signification opérationnelle, et ne correspond à aucune réalité physique indépendante.
La portée de cette remarque peut cependant déjà être étendue à des
situations moins triviales. Par exemple, nous verrons dans l'étude de l'atome
d'hydrogène, constitué d'un proton (masse
, position
) et
d'un électron (masse
, position
) que ce système atomique est
équivalent, du point de vue de son étude mathématique, à un système
constitué de deux particules fictives appelées ``quasi-particules'',
l'une
(masse
, position
) située au centre de masse, et
l'autre
(masse
, position
) avec :
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Aux deux E.C.O.C. possibles correspondent deux factorisations de l'espace des
états :
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Tandis que les deux particules ``réelles'' électron et proton, sont
en interaction, et ne sont donc pas indépendantes, les deux quasi-particules
et
sont indépendantes, et de ce fait constituent une
meilleure décomposition du système total, et donc une meilleure partition.