Les valeurs des dispersions indiquées dans ce tableau
révèlent à nouveau combien les états propres,
dépendant d'un spectre continu, sont irréalisables expérimentalement. Ce
sont seulement des états limites, dont on peut éventuellement se
rapprocher, sans jamais les atteindre.
Il ne faut pas imaginer que dans son état
, la
particule aurait réllement en fait une position
et
une impulsion
bien déterminées, mais cachées,
et que
et
seraient les erreurs possibles
commises en mesurant
et
, de telle sorte que les
résultats de mesure seraient alors affectés des
incertitudes
et
. L'imaginer
reviendrait à considérer la particule comme une chose en
soi, dotée de propriétés intrinsèques plus ou moins
accessibles à la mesure.
L'inégalité de Heisenberg implique que dans un état
quelconque, la
particule n'a ni une position
, ni une impulsion
bien déterminées.
Plus
est déterminée, moins
l'est, et réciproquement.
Ainsi la position
et l'impulsion
sont deux
propriétés incompatibles, que la particule ne
peut possèder en même temps. Les concepts de position et
d'impulsion sont des concepts classiques correspondant à
des propriétés qui ne peuvent être attribuées aux objets
quantiques, qu'au prix d'une certaine approximation, c'est-à-dire d'une
certaine imprécision. Ce sont également des concepts
limites, en ce sens, que dans ces états limites, par exemple
, les propriétés correspondantes à certains
de ces concepts, par exemple
, peuvent
être attribués à la particule, mais alors les propriétés
correspondantes, à d'autres concepts complémentaires
perdent toute signification :
. Les
inégalités de Heisenberg délimitent le domaine de validité
de ces concepts classiques. Elles nous permettent de savoir dans
quelle mesure ils sont significatifs.
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La mécanique classique prétend que lorsque
, le point
dont la position dépend de
, soit
, se rapproche de
:
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en se déplaçant sur une courbe continue qui est la
trajectoire, de telle sorte que la fonction admet une dérivée à
l'instant
qui est la vitesse instantanée :
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Au contraire, la mécanique quantique prévoit que si on pouvait faire des mesures successives
de position pour des valeurs décroissantes de
:
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on trouverait des localisations successives aléatoires :
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et probablement situées dans un élément de volume de plus en
plus petit autour de
, mais sans venir s'aligner sur une courbe
continue.
Autrement dit, la fonction
est bien une fonction aléatoire continue,
mais sans dérivée. Ainsi une particule microscopique n'a pas de
trajectoire. La mécanique quantique renonce à cette idée d'une évolution continue dans
l'espace, au cours du temps, telle qu'elle était admise par la mécanique
classique, au vu des observations macroscopiques.