Puisque désormais le temps
est pris en compte et puisque l'état
d'un système peut changer avec
, le ket représentatif d'un tel état
d'évolution dépendra lui-même du temps et sera noté comme suit :
![]() |
Ayant déjà considéré au cours des chapitres 1 et 2 l'effet d'une mesure ou d'une observation sur l'état d'un système, nous considérons maintenant l'effet sur cet état d'une évolution débarrassée de toute observation. Une telle évolution peut être celle d'un système isolé ou libre, mais peut être également celle d'un système soumis à des interactions avec son environnement, par exemple pour une particule chargée avec un champ électrique ou magnétique. Le point important est que le processus considéré ne fournit aucune information expérimentale. En ce sens, on peut dire simplement que l'évolution est spontanée et que le processus lui-même n'est pas observé.
Considérant donc seulement de tels processus temporels, au cours
de tout ce chapitre, nous postulerons que l'état
du
système à un instant
détermine son état
à un
autre instant
quelconque postérieur ou
antérieurIV1. Ainsi le ket
détermine le ket
à un facteur numérique
près. Il existe donc un opérateur
qui
détermine le changement de direction du ket au cours du
temps tel que :
![]() |
Nous postulerons également que l'évolution spontanée sauvegarde le
principe de superposition des états, ce qui signifie :
![]() |
les facteurs numériques dont dépendent
et
peuvent être choisis de telle
sorte que :
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soit :
![]() |
ou encore :
![]() |
L'opérateur
est donc un opérateur linéaire qui ne
dépend que de
et de
:
![]() |
Nous postulerons enfin qu'il est possible de choisir les facteurs
numériques dont dépendent les kets
de telle
sorte que :
![]() |
Cette hypothèse n'est pas une simple convention. Elle affirme qu'un tel choix,
qui précise l'action de l'opérateur
est possible, sans violer
le principe de superposition.
Dès lors, chaque ket
est défini à un facteur
de phase près et commun à tous les kets
, de
manière à sauvegarder le principe de superposition. Enfin,
puisque la norme de
est conservée, quels que
soient par ailleurs
et
:
![]() |
Il en résulte que l'opérateur
est un opérateur
unitaire défini à un facteur de phase près. Le postulat VI peut alors
s'énoncer comme suit :
|
Ainsi l'évolution temporelle spontanée des états d'un système physique est supposée parfaitement déterministe, sans aucune indétermination quantique. L'indétermination quantique se manifeste seulement dans le décodage, c'est-à-dire dans les prévisions concernant les résultats de mesure des observables, faites sur cet état, lui-même parfaitement déterminé.