La statistique étudie la manière dont les particules d'un ensemble viennent occuper les états physiques qui leur sont proposés. Or nous venons de voir que la nature des états, et les règles d'occupation, dépendent du spin de ces particules.
Si le spin des particules identiques de cet ensemble est demi-entier, les seuls états possibles du système sont antisymétriques, et par voie de conséquence les états individuels occupés sont nécessairement linéairement indépendants. La statistique particulière qui en résulte a été étudiée par Fermi et Dirac et pour cette raison ces particules de spin demi-entier (électrons, protons, neutrons,... etc) sont appelés des fermions.
Si le spin des particules identiques de cet ensemble est entier, les seuls états possibles du système sont symétriques. Les états individuels occupés peuvent être linéairement dépendants et même identiques. La statistique particulière qui en résulte a été étudiée par Bose et Einstein, et pour cette raison ces particules de spin entier s'appelle des bosons.
Le principe de Pauli peut alors s'énoncer brièvement comme suit :
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Afin d'illustrer simplement la différence de comportement des
fermions et des bosons, considérons par exemple un système de deux
particules 1 et 2 identiques n'admettant que deux états
indépendants
et
et en équilibre
thermodynamique avec un milieu ambiant à très haute
température. Dans ces conditions, la mécanique quantique, comme la mécanique
classique d'ailleurs, indique que les probabilités d'occupation
de chacun des états possibles sont toutes égales entre elles.
Si donc les deux particules obéissaient à la statistique classique de
Maxwell-Boltzmann, les états possibles seraient, en indiquant dans l'ordre
l'état occupé par la première particule suivi de l'état occupé par la
seconde :
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affectés chacun d'une probabilité de réalisation égale à
. Ainsi en particulier, la probabilité de trouver les deux
particules dans le même état est égale à
.
Si les deux particules sont des fermions, le seul état possible est l'état
antisymétrique :
![]() |
et la probabilité de trouver les deux particules dans le même état est nulle.
Enfin, si les deux particules sont des bosons, les états possibles distincts
et indépendants sont des états symétriques :
![]() |
et la probabilité de trouver les deux particules dans
le même état
ou
est
.
Ainsi la probabilité de trouver les deux particules dans le même état est
égale à zéro pour des fermions,
pour des particules
classiques et
pour des bosons. Les statistiques de Bose et Fermi
s'écartent en sens inverse de la statistique classique.
Par rapport au comportement prévu par la mécanique classique, on peut dire, en ce sens, que les fermions ont tendance à se disperser et les bosons à se grouper.