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Tenu compte du fait qu'à
l'interface qui sépare l'air et le verre, on doit vérifier
:
et en déduire :
L'application des règles qui viennent d'être rappelées
conduit aux résultats qui sont indiqués ci-après en
faisant figurer sous chaque processus considéré le produit
des amplitudes partielles séquentielles qui lui correspond :
En faisant ainsi apparaître les diverses réflexions
successives qui peuvent concourir à la production du
phénomène observé, on obtient les amplitudes totales
de réflexion et de transmission :
Un calcul plus élaboré et fondé sur un meilleur
modèle permettrait de vérifier :
En considérant seulement les deux premiers termes de ces
développements et correspondant aux quatre figures ci-dessus,
on obtient pour ces deux cas extrêmes :
Si
Si
et donc :
On vérifie ainsi qu'il est bien nécessaire de prendre en
compte la totalité de ces développements, ce qui signifie
qu'il est nécessaire de considérer toutes les
modalités selon lesquelles le phénomène étudié
peut se réaliser. Cette observation avait déjà
été faite en ce qui concerne les diverses façons selon
lesquelles la lumière peut être réfléchie sur un
miroir.
La décomposition d'un processus en ses éléments
séquenciels peut encore être poursuivie plus finement. En
effet, dans toutes les analyses précédentes les
périodes ou les étapes successives du processus
étaient encore décrites abstraitement. Par exemple la
réflexion de la lumière sur un plan ne peut pas, en tant
que telle, être considérée comme un mécanisme
proprement physique, car la lumière ou le photon : objet
physique, ne peut interagir avec un plan géométrique :
concept de pensée. La lumière interagit avec la
matière et donc seulement avec les atomes qui la constituent.
Par suite, et par exemple, dans le phénomène de
réflexion de la lumière (onde ou photon) sur une lame de
verre, cette lumière peut interagir avec chacun des
atomes de cette lame, et chacun de ces atomes peut d'une certaine
manière contribuer à la réalisation du
phénomène global observé. Toutefois, il a déjà
été expliqué pourquoi en raison d'un mécanisme
d'annihilation mutuelle de la plupart des amplitudes, il y avait
lieu de ne considérer que les régions de la lame de verre
qui sont voisines de la trajectoire classique attribuée au
rayon lumineux par le principe de Fermat.
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La figure ci-contre indique six couches successives de la lame
et espacées d'un intervalle
et traversées
par une telle trajectoire le long de laquelle la lumière
interagit avec un seul atome de chaque couche.
Les rayons incidents correspondant sont décalés de façon à faire apparaître le vecteur amplitude
associé à chacun de ces six chemins géométriques,
et dont la phase
(
) diminue avec
la longueur ou la durée du parcours de ce chemin. Il faut
encore multiplier cette amplitude
par celle correspondant à l'interaction de la lumière avec le
atome de la
couche rencontrée sur ce chemin.
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Une telle interaction est un phénomène extrêmement
complexe qui met en jeu toute la structure de l'atome
diffuseur. Le photon incident est absorbé par un des
électrons de la couche électronique de cet atome qui
échangent eux-mêmes d'autres photons entre eux et avec le
noyau. Le photon diffusé peut être alors un nouveau photon
réemis par un de ces électrons. Quel que soit la
complexité du phénomène, la diffusion du photon
incident est affectée d'une amplitude de
probabilité qui est simplement un nombre complexe
. Il est remarquable que la mécanique quantique permette de
schématiser aussi simplement un phénomène aussi
complexe.
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Néanmoins, le calcul de
est un problème
d''electrodynamique quantique qui n'a pas encore
été résolu pour un matériau tel que le verre. On
sait toutefois :
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Il y a donc lieu de multiplier chacune des amplitudes par le facteur de réduction et de faire tourner le vecteur
d'un angle
. Il faut enfin
sommer toutes ces amplitudes pour tenir compte de ce que la
lumière a été diffusée par l'un quelconque des atomes considérés. La somme vectorielle des vecteurs
ainsi obtenus et qui représentent les
amplitudes
détermine un vecteur résultant
dont le carré du module est égal à la probabilité du processus considéré.
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On remarque alors que la sommation des amplitudes partielles
engendre une circonférence et que la
longueur du vecteur
croît et décroît
successivement en fonction du nombre de couches et donc en
fonction de l'épaisseur
de la lame de verre, en passant
par un maximum dont on sait que le carré est égal à la
valeur maximale du coefficient de réflexion soit 0,16. Le
rayon
de ce cercle vaut donc 0,2 :
On remarque également que le vecteur somme
peut
être considéré comme résultant de la somme des
deux vecteurs :
ou encore, en exprimant les amplitudes correspondantes :
On retrouve bien le résultat obtenu précédemment en
sommant seulement deux amplitudes : l'une associée
à une réflexion sur la face avant et affectée
d'un facteur -1, et l'autre associée à une autre
réflexion sur la face arrière et affectée seulement
d'un facteur de phase correspondant au délai
supplémentaire dû à la propagation dans le verre de la
lame.
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De même, les amplitudes
de diffusion par chaque atome
sont identiques :
de telle sorte que l'on obtient la construction
indiquée ci-contre pour le vecteur amplitude
résultant.
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Il faut toutefois remarquer que le lumière diffusée par un
atome peut à nouveau être rediffusée par un autre
atome et ainsi de suite, avant de sortir de la lame de verre. Ce
phénomène s'appelle la diffusion multiple. Quand ce
phénomène est pris en compte, le module
de
l'amplitude totale est bien inférieur à 1 et oscille entre
les deux valeurs déjà indiquées 0,92 et 1. Dans ce qui
précède, il a toujours été tacitement supposé
que le milieu traversé, ici le verre, était parfaitement
transparent, c'est-à-dire qu'aucune partie de l'énergie lumineuse n'était
perdue entre la source et les récepteurs. Si le milieu est
légèrement opaque, l'expression de
en est
modifiée, le déphasage est augmenté et le module de
est diminué.
On notera enfin que le mécanisme de rediffusion des photons
par les atomes a pour effet d'introduire un déphasage global
du vecteur
. Le sens de ce déphasage
correspond à un retard supplémentaire de la lumière
qui parvient au récepteur. Tout se passe alors comme si la
vitesse de la lumière dans le milieu traversé en avait
été diminuée. Ainsi ce ralentissement de la
lumière quand elle traverse un milieu matériel correspond
à une rotation supplémentaire du vecteur amplitude
, causée par l'interaction des photons avec les
atomes du milieu qui réemettent eux-mêmes avec retard
(facteur
) les photons diffusés. C'est
donc cette rotation supplémentaire qui explique la
valeur de l'indice de réfraction. La physique classique
considère que la lumière est constituée d'ondes
électro-magnétiques, sous l'effet desquelles les atomes de
la matière entrent dans un régime d'oscillations
forcées. L'équation différentielle du second ordre
qui régit ce mouvement contient un terme de frottement
correspondant à l'énergie que cet oscillateur perd en rayonnant.
Il en résulte alors mathématiquement que cette énergie est
rayonnée avec le même retard que celui obtenu
précédemment.
Ces dernières remarques visent à montrer comment un
même phénomène physique peut être
expliqué de différentes manières. Ces différentes
manières ne sont toutefois pas équiva-lentes car leur
portée explicative, c'est-à-dire l'étendue du domaine
expérimental dans lequel elles demeurent pertinentes, peut
être très inégale. Notamment dans tout ce qui
précède, aucune des propriétés éventuelles
d'anisotropie de la lumière et de la matière n'a
été prise en compte. Or, les propriétés de
polarisation de la lumière ou des photons, ainsi que les
propriétés directionnelles de la structure cristalline de
la matière peuvent jouer un rôle essentiel et modifier
considérablement les phénomènes observés.
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Arnaud Balandras
2005-04-02